Nous
nous approchons du terme de ce roadtrip 2018 aux États-Unis.
La longue étape d’aujourd’hui nous a fait traverser des paysages
très différents. En quittant le Pine Flat Campground, nous
avons sans transition laissé derrière nous les formations de grès
rouge pour entrer dans une vaste forêt de pins par la route 89A.
Nous
avons réservé notre première étape du jour au Walnut
Canyon National Monument.
Ce
parc protégé institué
en 1915 et situé à 16 km à l’est de Flagstaff,
épouse un
canyon
et
s’étire sur 32
km de long, sur
400
mètres de large et 122 mètres de profondeur. Là vivait à flanc de
falaise, entre 1100 et 1250 à peu près, au
milieu de pins et d’une grande variété de cactus poussant à
flanc de parois, une
population d’une bonne centaine de personnes qui vivaient
de cultures pratiquées sur le plateau et de chasse, et puisaient
l’eau dans le
Walnut
Creek,
la
rivière coulant en contrebas, quand elle n’était pas asséchée,
ce qui était le cas souvent dès la fin mars jusqu’à la fin de
l’été. Constituer des réserves d’eau, notamment grâce à la
neige abondante en hiver (une
saison généralement
rude qui
voyait la population se rassembler),
était vital. L’habitat utilisait là encore
astucieusement les anfractuosités dans la falaise, de part et d’autre
du canyon. La population y était à l’abri du vent.
Nous avons rejoint ensuite Flagstaff, siège du comté de Coconino, une agglomération d’environ 140 000 habitants, pour nous faire une idée du centre de cette ville qui s’est créée autour de sa halte ferroviaire. La première implantation remonte à 1876. C’est dans les années 1880 que Flagstaff commence à se développer. Stimulée par l’arrivée du chemin de fer, l’économie repose à l’époque sur le bois et l’élevage ovin. En 1886, elle est la plus grande ville sur la ligne de chemin de fer entre Albuquerque et la côte ouest des États-Unis. Bâti autour de sa gare dont le bâtiment actuel date de 1926, le centre, avec ses rues en damier, a conservé les caractères d’une ville provinciale du Far West. C’est le genre du ville américaine bien tenue et tranquille, jusqu’à ce qu’un fou armé la mette un jour sur le devant l’actualité.
Après
une pause pitas (histoire de changer des wraps!) sur le
parking proche de la gare, nous avons repris l’Interstate
40 que nous n’avons quittée que pour avoir le plaisir de
reprendre la Old US Highway 66 le temps de
traverser Seligman, une petite cité à 124 km à l’ouest de
Flagstaff qui entretient le souvenir d’une splendeur passée,
celle où la ville était une étape sur la route 66, avant
que l’I40 ne passe au large, mettant la ville à l’écart
du grand courant de circulation Est-Ouest et Ouest-Est. Un salon de
coiffure tenu par une figure emblématique de la ville a la belle
époque est pieusement conservé en l’état. Sont conservés dans
la boutique de souvenirs attenante un grand nombre de plaques
minéralogiques de voitures de tous pays qui sont passées par
Seligman. Des personnalités ont laissé aussi leurs marques et, pour
la France, Johnny Hallyday, est en bonne place !
A Kingman, ville située à 238 km à l’ouest de Flagstaff, sur l’I40, l’arrêt s’imposait pour rendre hommage à une vieille dame, une locomotive à vapeur qui a sillonné le pays, et à travers elle, aux techniciens qui ont conçue cette petite merveille, aux ouvriers qui l’ont assemblée et aux cheminots qui l’ont pilotée, alimentant sans cesse sa chaudière. Construite en 1927, elle assura longtemps la liaison Los Angeles/Kansas City. Elle a parcouru au total 4 160 230 km avant d’être mise à la retraite en 1953 !
C’est
à Kingman que nous avons quitté l’I40 qui
s’infléchit vers le sud, pour prendre la route 93 vers le
nord à travers une plaine semi-désertique jusqu’à notre dernier
campement, Willow Beach Campground, sur les hauteurs qui
bordent la Colorado River qui marque à
cet endroit la frontière entre l’Arizona et le Nevada.
Toute la journée, un vent à décorner des bœufs a soufflé, nous obligeant à ressortir les pulls pendant la visite au Walnut Canyon, condamnant le conducteur du camping-car à se muscler les bras, crispé sur son volant pour lutter contre les rafales transversales, nous empêchant de prendre un dernier apéritif et un ultime dîner dehors.
Bon retour en terre de France.Bises.Elisabeth
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