En
quittant Taos peu après 9h00, j’ai (une fois de plus)
pleinement mesuré ma chance d’être en retraite en ayant une
pensée sincèrement compatissante à l’égard des milliers de
Français condamnés à galérer par des cheminots attachés à la
défense d’un statut datant pour l’essentiel de l’époque de la
machine à vapeur !
110
km séparent Taos de Santa Fé. Nous avons pris notre
temps puisque nous avons mis plus de deux heures et demie à les
parcourir. Nous avons commencé par faire un petit détour pour
suivre sur une dizaine de kilomètres le cours du Rio Grande,
là où la gorge est suffisamment large pour avoir permis la
construction d’une route et même l’aménagement d’aires de
camping dans un cadre naturel reposant.
Nous
nous sommes arrêtés ensuite dans un endroit pour le moins insolite,
le Classical Gas Museum, dans une localité du nom d’Embudo
sur la Route 68, à 40 km au sud de Taos. L’extérieur
intrigue. Plusieurs dizaines de vieilles pompes à essence sont
alignées. Des véhicules anciens et toutes sortes d’objets (vieux
bidons d’huile de vidange, distributeurs de sodas, jouets, pièces
de moteur etc) rouillent lentement. On n’est pas pour autant chez
un ferrailleur, mais chez un collectionneur (depuis trente ans!),
Johnnie Meier, un original accueillant, toujours prêt à discuter
avec ceux qui lui font l’amitié de s’arrêter pour voir son
musée ouvert gratuitement (mais les dons sont les bienvenus).
L’intérieur réserve des surprise. Sont rassemblées quelques
belles pièces, comme des pompes à essence anciennes en bon état et
des enseignes lumineuses telles qu’on pouvait en voir le long de
l’historique Route 66.
Nous
avons retrouvé Santa Fé avec plaisir et sous le soleil vers
11h30. Ne disposant pas de beaucoup de temps, nous nous sommes
limités à visiter un seul des musées de la Colline aux
musées à l’extérieur de la ville, le Museum of Indian
Arts and Culture, véritable
« laboratoire d’anthropologie », une mine de
renseignements sur la vie des tribus indiennes, notamment les Apaches
et leurs chefs, Cochise (1810-1874) et Géronimo (1829-1909), une
présentation subtile comparant les modes de vie anciens et actuels,
une collection - unique sans doute - de poteries venant de tous les
pueblos et de vêtements somptueux, un documentaire
remarquable sur une potière de 81 ans que l’on voit façonner de
ses mains sans le moindre tour, une poterie qui sera peinte ensuite
par un autre artiste, puis cuite dans un four créé ex nihilo
autour d’un grill sur lequel sont déposées des poteries. Étonnant
d’habileté et d’ingéniosité ! Le musée expose aussi de beaux exemplaires de gouaches réalisées au début du 20ème siècle par des artistes pueblos.
En fait, les peuples ancestraux ont adapté leur mode de vie aux milieux dans lesquels ils vivaient, tantôt des canyons ou des bassins, tantôt des plateaux ou des plaines, voire des déserts. Des quatre saisons, dit un dicton navajo, l’hiver est la plus calme. C’est le temps où la Mère Terre se repose après avoir tiré d’elle-même la nourriture pour ses enfants et tous les biens nécessaires à la survie humaine. Sachant que l’hiver était un moment de changement, les Navajos se retiraient dans la chaleur de leur hogan (logement familial circulaire d’environ 8 m de diamètre), racontant des histoires, chantant, priant, se livrant à des activités qui nourrissent l’esprit humain. Le tipi chez les Apaches convenait à leur mode de vie nomade, mais occupait la même fonction familiale que le hogan. Tout un système d’échanges et de gages s’était instauré parmi les peuples ancestraux, chacun excellant dans certains domaines par rapport à d’autres (tissage, poterie, joaillerie, travail du cuir etc). J’ai craqué, avant de quitter la région de ces peuples, et acheter à la boutique du musée une petite statuette de storyteller, représentant une conteuse entourée de deux enfants.
Nous
avons repris des forces en dégustant un sandwich consistant dans un
Subway
local,
afin de pouvoir faire face aux efforts physiques qui nous attendaient
à 35 km au sud-ouest
de Santa
Fé.
Cochiti
Pueblo
a
le statut administratif un peu bâtard de census-designated
place, lieu
identifié à des fins statistiques comme regroupant une communauté
(environ 600 personnes en l’occurrence,
Amérindiens
à 95 %). Helen
Cordero, la
conteuse et potière
qui a inventé les storytellers,
en est originaire. Cochiti
est un point de passage obligé pour rejoindre le
Kasha-Katuwe
Tent Rocks National Monument,
un
petit parc national (22 km²), créé en 2001, mais d’une beauté à
couper le souffle.
On peut y admirer des formations rocheuses spectaculaires (Tent Rocks) - des tipis -, des cônes parfois couronnés d’une boule par une facétie de l’érosion. Elles sont composées de dépôts de pierre ponce, de cendres et de tuf provenant d'éruptions volcaniques il y a 6 à 7 millions d'années. On en retrouve, paraît-il, ailleurs dans le monde, et notamment en Cappadoce. Un sentier, le Slot Canyon Trail, long de 2,5 km (aller seulement), emprunte un étroit canyon, permet de passer au pied des cônes souvent hauts d’une trentaine de mètres, et, au prix d’une montée très raide (200 m de dénivelé), de rejoindre le plateau (mesa) d’où on peut les voir de haut et avoir une vue imprenable sur le chaînon central des monts Sangre de Cristo (une chaîne de montagnes rocheuses longue de 400 km et large de 100 !), Jemez, Sandia (deux des pueblos de la zone des peuples ancestraux) et la vallée du Rio Grande.
De retour à Albuquerque peu après 18h00, nous avons commencé par restituer notre petite Toyota Yaris sans laquelle nous n’aurions pas pu voir tout ce que nous avons vu au cours de cette escapade autour de Santa Fé. Nous avons recouru aux services d’Uber pour rejoindre en une demi-heure, le RV Park où nous avons retrouver notre camping-car avec le sentiment de « rentrer chez nous » ! Nous avons aussi renoué avec la tradition de la petite bière Coors light en guise d’apéritif, avant un dîner maison...
Une journée exceptionnelle!La cappadoce c est minuscule à côté des paysages grandioses des USA...votre voyage me fait rêver. ..Ici galère galère les grèves perlees de la sncf!!!Il faut faire avec...Bises .Prenez soin de vous.Elisabeth
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