Réveillés
de bonne heure, nous nous sommes joints à 9h00 à un groupe pour
visiter pendant une heure et demie les grottes du Kartchner
Caverns State Park, dont
la découverte est relativement récente. Cherchant des grottes en
1967 dans les Whetstone
Mountains, un
spéléologue amateur,
Bruce Randall
Tufts dit
Randy
Tufts (1948-2002)
remarqua
un gouffre qui semblait infranchissable. Il garda sa découverte en
tête pendant sept ans avant d’y retourner avec un autre
spéléologue, Gary Tenen. Après avoir rampé dans un étroit tunnel
angoissant, long
de plus de 60 mètres, ils parvinrent à une vaste salle où personne
avant eux n’avait encore pénétré. Ils
gardèrent leur découverte secrète pendant quatorze ans pour la
préserver des vandales, en en parlant seulement à la famille
Kartchner, propriétaire des lieux. Celle-ci céda en 1988 le gouffre
et son environnement à l’État d’Arizona
qui procéda à des aménagements coûteux pour le rendre accessible
à un large public, y compris des personnes en fauteuil roulant, tout
en le préservant. L’entrée qui a été creusée à nécessité 18 mois de travaux. Des sas ont été prévus pour préserver l’humidité et la température. Le visiteur est mis en
garde contre le risque de déposer des bactéries en touchant les
parois longées.
Chemin
faisant, on découvre un chaos de roches calcaires,
mais aussi des stalactites et
des stalagmites d’une
rare finesse, des colonnes qui ont mis des milliers d’années à se
former. Même si on ne les voit pas, on sait que tout un monde
d’organismes vivants (troglobites,
troglophiles et trogloxenes)
peuple ces cavernes, s’étant adapté à l’obscurité et se
nourrissant en partie du guano des chauves-souris. La
découverte d’ossements fossilisés a conduit les spécialistes sur
les traces d’un paresseux
du Pléistocène
(la
plus ancienne époque du quaternaire, qui s’est achevée 11 700 ans
avant l’époque présente),
appelé Shasta
Ground Sloth
mesurant près de trois mètres du museau au bout de sa queue et qui
aurait élu
domicile
dans ces grottes !
| Les photos des cavernes sont empruntées à Internet, car il est interdit aux visiteurs de photographier et filmer, voire enregistrer le guide ! |
Nous
avons repris la route dès 10h45 pour rejoindre au plus vite le
campement que nous avions retenu pour la nuit, car, même s’il n’a
pas toutes les « facilities »,
il était réputé pour être agréable, en pleine nature et... très apprécié. Or,
aucune réservation n’était possible, la règle est « premier
arrivé, premier servi » !
Nous sommes parvenus au Gilbert
Ray Campground
de Tucson
Mountain Park
vers midi et demi et avons obtenu sans problème un site. Le camp est à une vingtaine de kilomètres à l’ouest du centre ville de
Tucson,
ville universitaire d’environ 550 000 habitants (sans son
agglomération), fondée en 1775 par un Irlandais Hugh O’Connor,
explorateur pour la Couronne
espagnole.
Son
nom est un dérivé de l’appellation indienne Cuk
Ṣon [tʃʊk ʂɔːn], voulant dire « base de la
montagne noire », en référence à un volcan situé à
proximité du site.
Après
avoir pique-niqué dans
le camping-car, en raison de la chaleur (32°c à l’ombre à 13h00
et 40°c au soleil!), nous
sommes partis à la découverte de deux des curiosités situées à
la périphérie de Tucson,
A une
vingtaine de kilomètres au
sud de la
ville
et de
notre camp
se dresse la Mission
San Xavier del Bac,
fondée
en 1692 sur la réserve indienne de Tohono
O’odham,
par le père Eusebio Francisco Kino (1645-1711),
un jésuite d’origine italienne, fondateur de la chaîne des
missions espagnoles dans le désert
de Sonora.
Sa
vie comme missionnaire, géographe et cartographe, a inspiré un
film, « Kino,
the
padre on horseback »
(« Kino,
le prêtre à cheval »),
signé
Richard Egan et
sorti en 1977.
L’église
historique ayant été rasée lors d’un raid Apache
en 1770, les
bâtiments d’aujourd’hui ont été construits entre 1783
et 1797 dans
un
style
qui
porte la marque de l’architecture
espagnole coloniale, mais où se mêlent différentes inspirations
(Renaissance mexicaine, mauresque, byzantine). Surnommée « la
colombe blanche du désert » en raison de sa blancheur
éclatante sous le soleil, la Mission est dédiée à saint François
Xavier. Il
faut l’imaginer jusqu’à
la fin du XIXème
siècle,
se
dresser seule
au milieu d’un désert. Aujourd’hui, elle est entourée de
constructions
heureusement basses.
Elle
est un lieu important de pèlerinage. Nous
avons vu nombre de fidèles venir toucher la statue en bois du saint qui
gît sous un Christ tout de rouge vêtu, et
même lui soulever légèrement
la
tête ou agrafer une épingle à sa tunique en guise d’ex-voto.
| Le cimetière, voisin de la Mission |
En
1828, le gouvernement mexicain ayant banni tous les prêtres nés en
Espagne, la Mission a décliné et a fonctionné au ralenti grâce
aux Indiens convertis. Elle n’a vraiment repris vie qu’en 1859.
Les Franciscains qui avaient pris la relève des Jésuites sous le
règne de Charles III d’Espagne, sont revenus en 1913. La
riche ornementation polychrome
–
retable, fresques, statuaire -
présente un mélange de motifs artistiques de la Nouvelle-Espagne
et des Amérindiens.
Nous
avons eu tout loisir pour prendre toute la mesure des dimensions de
Tucson,
ville sans immeuble pratiquement donc très étalée, lorsque
nous avons rejoint
notre second centre d’intérêt, le Saguaro
East
National
Park
(Rincon
Mountain District)
à
l’Est
de la ville.
Ce
n’est pas tant sa faune qui nous attirait (pour l’essentiel des
javelinas
- des pécaris en français -, animaux proches des porcins, des
tortues du désert et… des serpents à sonnette) que sa végétation.
| Les larges avenues de Tucson |
Le
fameux saguaro
géant, emblème du sud-Ouest américain, ne pousse que dans le
désert du Sonora.
Il colonise les pentes des monts entourant Tucson,
les hérissant de forêts de poteaux télégraphiques verts. C’est
du moins l’impression qu’on en a en les voyant de loin. Il peut
dépasser 15 m, peser 8 t et vivre 200 ans ! Le
Cactus
Forest Loop Drive,
un
circuit de treize kilomètres à sens
unique, jalonné de nombreux pullouts
(arrêts
aménagés sur le bord de la chaussée surtout pour les
photographes !), traverse
une sorte de jardin botanique à grande échelle où se mêlent
d’innombrables saguaros
de toutes formes et de toutes tailles, et toutes sortes de cactus
(cactus
raquettes,
ocotillos
en fleurs, coussins
de belle-mère,
cylindropuntias,
etc.).
Un véritable enchantement ! On
s’attend, au détour d’un lacet de la route, à voir apparaître
un chariot de pionniers progressant lentement ou même le « poor
lonesome cowboy »,
Lucky Luke, chevauchant Johnny Jumper !
OCerise
sur le gâteau, nous sommes rentrés au déclin du jour par une route
pittoresque qui traverse la Brown
Mountain
et
passe par le Gates
Pass,
un
col d’où
la vue au coucher du soleil est superbe. Nous avons rejoint
notre
base arrière
à
18h30,
peu
avant… l’heure de l’apéritif !
| Fin de l'épisode. A suivre ! |
Lequel de vous deux est Joe Dalton?lequel est Lucky Luke?..Magnifiques photos des cactus.Bonne continuation..Bises.Elisabeth
RépondreSupprimer