lundi 9 avril 2018

Dimanche 8 Avril - Kartchner Caverns State Park / Tucson / Gilbert Ray Campground (240 km)

Réveillés de bonne heure, nous nous sommes joints à 9h00 à un groupe pour visiter pendant une heure et demie les grottes du Kartchner Caverns State Park, dont la découverte est relativement récente. Cherchant des grottes en 1967 dans les Whetstone Mountains, un spéléologue amateur, Bruce Randall Tufts dit Randy Tufts (1948-2002) remarqua un gouffre qui semblait infranchissable. Il garda sa découverte en tête pendant sept ans avant d’y retourner avec un autre spéléologue, Gary Tenen. Après avoir rampé dans un étroit tunnel angoissant, long de plus de 60 mètres, ils parvinrent à une vaste salle où personne avant eux n’avait encore pénétré. Ils gardèrent leur découverte secrète pendant quatorze ans pour la préserver des vandales, en en parlant seulement à la famille Kartchner, propriétaire des lieux. Celle-ci céda en 1988 le gouffre et son environnement à l’État d’Arizona qui procéda à des aménagements coûteux pour le rendre accessible à un large public, y compris des personnes en fauteuil roulant, tout en le préservant. L’entrée qui a été creusée à nécessité 18 mois de travaux. Des sas ont été prévus pour préserver l’humidité et la température. Le visiteur est mis en garde contre le risque de déposer des bactéries en touchant les parois longées.

Chemin faisant, on découvre un chaos de roches calcaires, mais aussi des stalactites et des stalagmites d’une rare finesse, des colonnes qui ont mis des milliers d’années à se former. Même si on ne les voit pas, on sait que tout un monde d’organismes vivants (troglobites, troglophiles et trogloxenes) peuple ces cavernes, s’étant adapté à l’obscurité et se nourrissant en partie du guano des chauves-souris. La découverte d’ossements fossilisés a conduit les spécialistes sur les traces d’un paresseux du Pléistocène (la plus ancienne époque du quaternaire, qui s’est achevée 11 700 ans avant l’époque présente), appelé Shasta Ground Sloth mesurant près de trois mètres du museau au bout de sa queue et qui aurait élu domicile dans ces grottes !

Les photos des cavernes sont empruntées à Internet, car il est interdit aux visiteurs de photographier et filmer, voire enregistrer le guide !





Nous avons repris la route dès 10h45 pour rejoindre au plus vite le campement que nous avions retenu pour la nuit, car, même s’il n’a pas toutes les « facilities », il était réputé pour être agréable, en pleine nature et... très apprécié. Or, aucune réservation n’était possible, la règle  est « premier arrivé, premier servi » ! Nous sommes parvenus au Gilbert Ray Campground de Tucson Mountain Park vers midi et demi et avons obtenu sans problème un site. Le camp est à une vingtaine de kilomètres à l’ouest du centre ville de Tucson, ville universitaire d’environ 550 000 habitants (sans son agglomération), fondée en 1775 par un Irlandais Hugh O’Connor, explorateur pour la Couronne espagnole. Son nom est un dérivé de l’appellation indienne Cuk Ṣon [tʃʊk ʂɔːn], voulant dire « base de la montagne noire », en référence à un volcan situé à proximité du site.

Après avoir pique-niqué dans le camping-car, en raison de la chaleur (32°c à l’ombre à 13h00 et 40°c au soleil!), nous sommes partis à la découverte de deux des curiosités situées à la périphérie de Tucson, A une vingtaine de kilomètres au sud de la ville et de notre camp se dresse la Mission San Xavier del Bac, fondée en 1692 sur la réserve indienne de Tohono O’odham, par le père Eusebio Francisco Kino (1645-1711), un jésuite d’origine italienne, fondateur de la chaîne des missions espagnoles dans le désert de Sonora. Sa vie comme missionnaire, géographe et cartographe, a inspiré un film, « Kino, the padre on horseback » (« Kino, le prêtre à cheval »), signé Richard Egan et sorti en 1977.

L’église historique ayant été rasée lors d’un raid Apache en 1770, les bâtiments d’aujourd’hui ont été construits entre 1783 et 1797 dans un style qui porte la marque de l’architecture espagnole coloniale, mais où se mêlent différentes inspirations (Renaissance mexicaine, mauresque, byzantine). Surnommée « la colombe blanche du désert » en raison de sa blancheur éclatante sous le soleil, la Mission est dédiée à saint François Xavier. Il faut l’imaginer jusqu’à la fin du XIXème siècle, se dresser seule au milieu d’un désert. Aujourd’hui, elle est entourée de constructions heureusement basses. Elle est un lieu important de pèlerinage. Nous avons vu nombre de fidèles venir toucher la statue en bois du saint qui gît sous un Christ tout de rouge vêtu, et même lui soulever légèrement la tête ou agrafer une épingle à sa tunique en guise d’ex-voto.























Le cimetière, voisin de la Mission

En 1828, le gouvernement mexicain ayant banni tous les prêtres nés en Espagne, la Mission a décliné et a fonctionné au ralenti grâce aux Indiens convertis. Elle n’a vraiment repris vie qu’en 1859. Les Franciscains qui avaient pris la relève des Jésuites sous le règne de Charles III d’Espagne, sont revenus en 1913. La riche ornementation polychrome retable, fresques, statuaire - présente un mélange de motifs artistiques de la Nouvelle-Espagne et des Amérindiens.

Nous avons eu tout loisir pour prendre toute la mesure des dimensions de Tucson, ville sans immeuble pratiquement donc très étalée, lorsque nous avons rejoint notre second centre d’intérêt, le Saguaro East National Park (Rincon Mountain District) à l’Est de la ville. Ce n’est pas tant sa faune qui nous attirait (pour l’essentiel des javelinas - des pécaris en français -, animaux proches des porcins, des tortues du désert et… des serpents à sonnette) que sa végétation.

Les larges avenues de Tucson


Le fameux saguaro géant, emblème du sud-Ouest américain, ne pousse que dans le désert du Sonora. Il colonise les pentes des monts entourant Tucson, les hérissant de forêts de poteaux télégraphiques verts. C’est du moins l’impression qu’on en a en les voyant de loin. Il peut dépasser 15 m, peser 8 t et vivre 200 ans ! Le Cactus Forest Loop Drive, un circuit de treize kilomètres à sens unique, jalonné de nombreux pullouts (arrêts aménagés sur le bord de la chaussée surtout pour les photographes !), traverse une sorte de jardin botanique à grande échelle où se mêlent d’innombrables saguaros de toutes formes et de toutes tailles, et toutes sortes de cactus (cactus raquettes, ocotillos en fleurs, coussins de belle-mère, cylindropuntias, etc.). Un véritable enchantement ! On s’attend, au détour d’un lacet de la route, à voir apparaître un chariot de pionniers progressant lentement ou même le « poor lonesome cowboy », Lucky Luke, chevauchant Johnny Jumper !

























OCerise sur le gâteau, nous sommes rentrés au déclin du jour par une route pittoresque qui traverse la Brown Mountain et passe par le Gates Pass, un col d’où la vue au coucher du soleil est superbe. Nous avons rejoint notre base arrière à 18h30, peu avant… l’heure de l’apéritif !







Fin de l'épisode. A suivre !

1 commentaire:

  1. Lequel de vous deux est Joe Dalton?lequel est Lucky Luke?..Magnifiques photos des cactus.Bonne continuation..Bises.Elisabeth

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