Le
séjour aux États-Unis se prolonge encore un peu, mais le roadtrip
lui-même est terminé. Levés dès 6h30 pour avoir le temps de
donner un bon coup de nettoyage à l’intérieur du camping-car
avant de le restituer, nous avons pris une dernière fois la route
93 à 8h45 pour effectuer, en moins d’une heure, l’ultime
tronçon jusqu’à l’agence Roadbear de Las Vegas.
Un quart d’heure plus tard, nous entrions dans le 9ème
État inscrit à notre traversée (partielle) des États-Unis, le
Nevada, un État que nous connaissons bien, puisque c’est
celui qui accueille le festival Burning Man dans le Black
Rock Desert dans la partie nord de l’État ! Membre de l’Union
depuis 1864, il est au 35ème rang pour le nombre
d’habitants (2,9 millions) et au 7ème (286 351
km²) par sa superficie. Las Vegas est la ville la plus
peuplée (633 000 habitants), mais Carson City en est la
capitale.
Je
n’ai pas été fâché de rendre les clefs du véhicule après 6
222 km parcourus à son bord, si j’en crois le relevé de l’agence
(3 867 miles) et, si nous ajoutons le kilométrage effectué
en voiture de location (1 081 km), nous avons parcouru 7 303 km
depuis notre départ de Chicago !
Ce
voyage nous a permis de découvrir des paysages exceptionnels et
d’approfondir aussi notre connaissance jusqu’alors très
superficielle de l’histoire tourmentée et du mode de vie
passionnant des Peuples ancestraux. Mais il nous a
aussi un peu vaccinés contre le camping-car pour un bon bout de temps. Même
s’il donne à un voyage une liberté d’improvisation très
appréciable, une grande marge d’autonomie et un contact privilégié
avec la nature, la conduite d’un camping-car, même de petite
taille, n’est pas des plus pratiques en ville et requiert, plus que tout autre véhicule, une attention de
tous les instants et dans toutes les directions, et est tout de même
un gouffre en carburant.
Une
navette nous a déposés à l’hôtel Excalibur vers 11h30 et
nous avons pu prendre aussitôt possession de la chambre et poser nos
valises. Nous avons tout de suite été replongés dans cette
ambiance surréaliste des grands hôtels de Las Vegas dont le
rez-de-chaussée est dédié quasi entièrement aux machines à sous
et aux tables de jeux. Notre chambre au 26ème étage ne
donne pas sur la ville elle-même, mais vers l’Ouest sur d’immenses
parkings proches de l’aéroport international Mc Carran et,
en fond de tableau, une chaîne de montagnes pelées, la Rainbow
Mountain. Notre hôtel est voisin du Louxor, où nous
étions descendus, il y a… dix-huit ans déjà et du Mandalay
Bay, théâtre d’une tragédie qui coûta la vie à 59
personnes, le 2 octobre 2017.
Après
une petite heure de repos, nous avons constaté que le buffet de
l’Aria
était toujours aussi varié et appétissant.
Les
mets présentés
sont empruntés
à tous les continents et
la tentation est très forte, surtout pour les pattes de crabes royaux !
Nous
avons ensuite sillonné le strip,
l’axe principal de Las
Vegas.
Le Flamingo,
le premier hôtel-casino lancé en 1946 par Bugsy
Siegel, une figure du crime organisé, est complètement « has
been ». Ses
couleurs roses sont
délavées.
Il
semble d’ailleurs
en
phase de reconversion.
Le
Caesar
Palace
et le Treasure
Island
vieillissent déjà. Le
Bellagio
se maintient et ses spectacles de jeux d’eau sur fond musical,
avec une interprétation alerte de
« Singing
in the rain »,
attirent toujours un public nombreux. L’Excalibur,
où nous sommes descendus, tranche en évoquant un passé moyenâgeux
de château fort qui
a toujours les faveurs d’un large public.
Les
reproductions
de Paris
et de Venise
sont toujours aussi surréalistes. L’évocation
de New
York
est
sans doute la mieux réussie.
En
quatre ans, date de notre dernier passage par Las
Vegas,
de nombreuses constructions à
l’architecture surprenante ont
surgi et
se sont densifiées.
Las Vegas est tout en paradoxes. Non-sens écologique, symbole de l’a-culturation des masses, triomphe du kitsch et parfois du mauvais goût, très souvent du clinquant, c’est aussi une ville qui fascine précisément par ses excès, où voisinent en permanence le luxe et la misère (nombreux sdf...) qui suscite bien des rêves, une ville où l’illusion, le factice et le virtuel règnent en maîtres, où la consommation d’alcool s’est accrue considérablement dans une forme absurde de surenchère : nombreux sont désormais ceux qui se promènent, non pas avec des verres de cocktail (frozen daiquiri, margarita etc), mais avec de véritables vases effilés, voire des trombones d’une capacité de 2,9 l (!) portés en bandoulière avec une forme de fierté un peu pathétique.
Nous avons saisi l’occasion de notre présence à Las Vegas, la ville où il est implanté en plusieurs endroits à titre permanent, pour voir, à 19h00, l’un des spectacles du Cirque du Soleil, Zumanity. « Zumanity est une exploration voyeuriste des passions cachées, de sensualité et de séduction ultime » dans la présentation qui en est donnée. En fait, un spectacle qui se veut érotique et burlesque, mais qui est finalement, sans vouloir paraître bégueule, parfois vulgaire ! Énormément de remplissage par un verbiage assommant et mielleux déversé par une sorte de drag queen (qui se révèle être au demeurant un athlète étonnant) ! Pour autant, certains numéros relèvent d’une prouesse physique incroyable et d’une adresse à couper le souffle. Au final, nous avons été déçus : on est loin de la magie et de la poésie d’Alegria, Mystère, O et même Saltimbanco.
Après les agapes du déjeuner, nous nous sommes contentés d’une
salade dans un fast food avant de rejoindre l’hôtel et
d’admirer les lumières de la ville s’étendant à l’infini en
direction du désert.
Quel contraste avec les paysages magiques des derniers jours...il faut bien revenir à la civilisation mais Las Vegas est ce vraiment la Civilisation?..A bientôt. Reposez vous.Bises .Elisabeth
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