Après
le repérage d’hier soir, nous sommes retournés ce matin au White
Sands National Monument, mais en commençant cette fois par aller
au Visitor Center, fermé hier à notre arrivée. Un très
beau documentaire explique l’origine des dunes, leur mouvement
perpétuel, l’adaptation des animaux au milieu et certains
phénomènes végétaux. Les monts San Andres, une
cordillère de 120 km de long
qui s’étire selon un axe nord au sud, à l’ouest du
parc national, sont riches en gypse. L’eau des glaciers en fondant
a dissous le minerai. Des lacs se sont formés au pied des montagnes
et l’eau s’est évaporée. Pendant des milliers d’années, le
soleil et le vent ont séparé l’eau du gypse et formé des
cristaux de sélénite qui se sont décomposés en cristaux de
plus en plus petits jusqu’à en faire du sable...
Nous
avions été surpris hier de voir des petits tumulus couronnés d’un
buisson. En fait quelques arbustes, comme le sumac aromatique,
produisent des racines denses et profondes qui emprisonnent et
solidifient le gypse. Elles résistent quand la dune se déplace,
construisant finalement ce piédestal. Nous avons eu aussi
l’explication de la physionomie que prennent certains yuccas, dont
les racines sont à l’air et qui ont de grandes tiges. En fait,
leur fin est proche. En effet, à mesure que le sable a enterré dans
un premier temps la plante, sa tige a poussé pour maintenir ses
nouvelles feuilles sur le sable. Mais, tôt ou tard, la dune se
déplace, les racines apparaissent et sont privées du sol qui les
nourrissait. La plante est alors condamnée à mourir.
Nous ne nous sommes pas adonnés à un des plaisirs familiaux très prisés ici consistant à faire de la luge sur les dunes, et nous nous sommes contentés de dévaler certaines dunes à toute vitesse... Une petite randonnée a été l’occasion de compléter notre album photos déjà très riche…
Nous avons repris la route 70 en fin de matinée en direction de Las Cruces. Nous avons eu de la chance qu’elle ne soit pas fermée. Cela arrive en moyenne deux fois par semaine pendant une ou deux heures, le temps pour l’armée américaine de procéder à un test de missiles, la base d’expérimentation étant de ce côté-ci de la zone militaire. L’itinéraire coupe une vaste plaine désertique. C’est une succession de lignes droites très monotones, dont la plus longue fait 46 km d’une seule traite. La route franchit ensuite la chaîne des monts San Andres au col San Augustin au sud du pic éponyme avant de plonger dans une autre plaine.
Avec
près de 100 000 habitants, Las
Cruces, chef-lieu
du comté de Doña
Ana, est
le grand centre urbain du secteur. Après une pause déjeuner rapide
dans un des Subway
de la ville, nous avons fait un détour pour jeter un coup d’œil
sur le vieux centre de Mesilla,
la
commune voisine, formé d’une plaza
avec sa
basilique San
Albino, son
kiosque à musique et ses constructions de style colonial, ainsi que
quelques maisons anciennes dans les rues adjacentes. Durant la guerre
de Sécession, Mesilla
fut brièvement la capitale du Territoire
confédéré de l’Arizona.
Deux batailles se déroulèrent.
Celle de 1861
voit la victoire des forces confédérées et aboutit
à l'établissement du Territoire
confédéré de l'Arizona,
et celle
de
1862 voit la victoire des partisans pro-unionistes.
Nous
ne nous sommes pas attardés car il y avait finalement assez peu à voir et qu’il
restait 145 km à parcourir pour rejoindre le campement où nous
souhaitions passer la nuit, dans le City
of Rocks State Park,
un parc d’État créé en 1952, dans la vallée de Mimbres,
dans le désert de Chihuahua,
à 47 km au nord-ouest de Deming.
Or, nous n’avions pas pu avoir de réservation ni par Internet,
ni par téléphone. Finalement, en arrivant à 16h30, nous avons pu
avoir le dernier emplacement disponible. Il est bien situé, adossé
à des rochers, face à une vaste plaine semi-désertique, parsemée
de cactus,
d’ocotillos
(cactus grimpants qui ressemblent à une enchevêtrement
de tiges mortes) et
de
yuccas,
et orienté vers l’ouest, ce qui nous a permis de déguster notre
bière du soir en assistant au coucher du soleil derrière un rideau
nuageux.
Entre-temps,
nous nous étions promenés entre les rochers. Ils sont la
conséquence d’une éruption volcanique remontant à 34,9 millions
d’années (j’aime beaucoup cette précision 34,9 à l’échelle
du temps dont il est question !). Les rochers formant cette « cité »
sont connus en temps que « Kneeling Nun Tuff ». Le
tuf à écoulement de cendres qui forme City of Rocks
est de composition rhyolitique. Les rochers sont les éléments qui
ont résisté le mieux à l’action de l’eau, du gel, du dégel et
du vent, voire de la végétation. Quand ils ne sont pas fréquentés
par des campeurs, ils sont le domaine de prédilection de lapins vifs
et craintifs.
Pas
de « facilities », ce soir ! Nous vivons sur
les batteries du camping-car et sa réserve en eau. Pas de liaison
Internet non plus et donc pas de messagerie, ni de possibilité
d’actualiser le blog ! Le campement nous rappelle par
son environnement rocheux et désertique certains campement de
Namibie. La pleine nature pour notre dernière soirée au
Nouveau-Mexique !
Une nature qui sort de l’ordinaire pour deux photographes extraordinaires !
RépondreSupprimerBises
Annouk
Le paradis blanc et un monde désertique où l on se sent serein...Difficile de quitter de tels lieux.Photos inoubliables.Bises.Elisabeth
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