jeudi 12 avril 2018

Mardi 10 Avril - Lost Dutchman State Park / Scottsdale / Sedona (291 km)

En quittant notre campement peu avant 10h00, nous nous sommes arrêtés quelques instants au Superstition Mountain Museum qui conserve quelques décors de cinéma qui viennent du Apacheland Movie Ranch, qui était situé à trois miles de là. Détruit en grande partie par un incendie en 2004, il avait en 1959 l’ambition d’être ni plus ni moins « the Western Movie Capital of the World ». Il a tout de même servi au tournage de longs métrages et de séries télévisées. Nous en avons profité pour jeter un coup d’œil à l’intérieur de la Elvis Presley Memorial Chapelle King trône, guitare à la main, à la place occupée habituellement par un autel !





Nous avons mis, aussitôt après, le cap sur Scottsdale à 36 km à vol d’oiseau d’Apache Junction, notre point de départ, et 18 au nord-est de Phoenix, dont Scottsdale peut être considérée comme la lointaine banlieue très chic. La ville a été fondé en 1888. Elle est un paradis pour golfeurs, car elle compte plusieurs terrains de qualité. Elle est le lieu de résidence d’une classe très aisée, pour ne pas dire de milliardaires, comme on peut le voir en parcourant les rues ombragées de Paradise Valley, bordées de villas de rêve abondamment fleuries, alors que, à l’instar de la ville toute entière, le quartier est une emprise plus récente sur le désert.



Le centre ville a un aspect inhabituel. Le grand mall piétonnier est parcouru par un ruisseau et jalonné de fontaines. Il est apaisant. Les maisons basses sont peintes de couleurs vives. Quelques oeuvres modernes telles les Lanternes solaires d’Eli Richard, d’autres plus traditionnelles, se dressent ça et là. Le vieux Scottsdale a été préservé. Il accueille aujourd’hui des boutiques de luxe et un grand nombre de galeries. Il semble qu’il y ait à Scottsdale plus de galeries d’art par habitant que dans aucune autre ville des États-Unis !















Après avoir passé une heure entre 11h00 et midi à nous promener en privilégiant l’ombre des passages couverts, nous sommes allés voir l’ancien atelier de l’architecte italo-américain, Paolo Soleri (1919-2013), également sculpteur, urbaniste et écrivain à ses heures. Disciple au début de sa carrière de Franck Lloyd Wright, il expérimente les techniques de fabrication des matériaux moulés en terre et promeut une architecture écologique inédite, qu’il souhaite adaptée aux spécificités de chaque région. « Face à l’urbanisation américaine, à l’étalement urbain rendant la voiture indispensable et isolant les individus, Soleri veut expérimenter un développement urbain à l’échelle humaine, anti-individualiste et respectueux de l’environnement », dont témoigne le projet d’Arcosanti, un écovillage à 110 km au nord de Phoenix. Le travail du philosophe Pierre Teilhard de Chardin a influencé ses recherches. Il acquiert aussi une bonne connaissance de la technique de fabrication de la céramique et met à profit ses connaissances pour réaliser des cloches en céramique et en bronze recouvertes d’une mince couche de métal qui sont vendues pour autofinancer ses projets (Soleri Wind Bells). Il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses.











Faire le plein de carburant à une station-service n’a jamais rien eu de passionnant. Jamais à court d’idées pour encourager la société de consommation, les Américains ont créé des pompes équipées d’un écran de télévision, histoire de faire passer quelques messages publicitaires, comme si les néons dans les villes, la télévision, la radio, le cinéma, les journaux, les centres d’appels, les panneaux au bord des routes, sans oublier maintenant les réseaux sociaux, ne suffisaient pas !



Nous avons fait une pause déjeuner vers 13h00 dans un Whole Foods pour ne pas perdre trop de temps et compléter le réfrigérateur avant de reprendre l’Interstate 17 vers le nord en direction de Flagstaff. Nous avons renoncé à voir l’écovillage d’Arcosanti, bien qu’il soit sur notre route, car les horaires de visites n’étaient pas compatibles avec notre programme. Nous nous sommes en revanche arrêté au Mantezuma Castle National Monument, dans la vallée de la rivière Green, à 80 km au sud de Flagstaff.

Troisième Monument National créé par Théodore Roosevelt en 1906, il ne couvre que 6,70 km². Son appellation est doublement erronée. Il porte le nom de Mantezuma, le dernier souverain des Aztèques, car les premiers découvreurs ont cru à tort que la construction avait un lien avec le peuple aztèque. La structure de briques d'adobe de cinq étages aménagée dans un creux de falaise, à près de vingt-quatre mètres de hauteur, n’a rien non plus d’un château ! C’était un ensemble de vingt logements Hohokam, accessibles par des échelles. Les populations qui s’étaient fixées là, vivaient des travaux des champs. Occupées entre 1100 et 1400 ap. JC, ces habitations troglodytiques n’ont été redécouvertes qu’à la fin du XIXème siècle. Le public pouvait y accéder jusqu’en 1951, mais en est tenu maintenant à l’écart à des fins de préservation. Indépendamment des panneaux d’interdiction de sortir du sentier, il est de toute façon dissuadé d’entrer dans le maquis par de nombreuses mises en garde sur la présence de serpents à sonnette ! La vallée est ombragée par de majestueux sycomores.















Nous avons quitté l’Interstate 17 pour emprunter la route 179 et découvrir un univers très différent de celui que nous quittions, fait d’imposantes formations rocheuses de grès rouge, déposé à l’époque permienne, les « roches rouges de Sedona », dont les tons varient en fonction de l’heure. Nous avons rejoint le Red Rock State Park que traverse l’Oak Creek, une petite rivière et qui offre une des plus belles vues sur une des plus célèbres formations rocheuses, Cathedral Rock.











Nous avons assisté ensuite au coucher du soleil depuis un promontoire, Airport Mesa, un plateau où a été aménagé l’aéroport qui dessert Sedona et sa région. J’essayai, en voyant le spectacle qui s’offrait à moi, d’imaginer la contrée sans la ville de Sedona qui s’étalait en contrebas, à l’époque où les Indiens de la tribu des Apaches Yavapai y vivaient, avant d’être déplacés par la force de Verde Valley en 1876 pour être installés dans la réserve indienne de San Carlos, à 290 kilomètres au sud-est. 1 500 personnes ont alors dû marcher en plein hiver. Plusieurs centaines d'entre elles moururent en chemin. Les survivants furent internés pendant vingt-cinq ans, mais environ deux cents revinrent à Verde Valley en 1900. Parmi la foule réunies pour assister à ce spectacle, un groupe de jeunes adolescentes blasées faisait exception, prisonnières de leurs i-phones ! Un peu triste, quand même...









Située dans le désert de Sonora au nord de l’Arizona, à une altitude de 1 370 m, à une cinquantaine de kilomètres au sud de Flagstaff, à cheval entre les comtés de Coconino et de Yavapai, dans la région de Verde Valley, Sedona (environ 12 000 habitants) a été fondée en 1902. La cité doit son nom à une certaine Sedona Miller Schnebly (1877-1950), épouse du premier receveur des postes de la ville, connue pour son hospitalité et son activité. Aujourd’hui, elle mise tout son développement sur le tourisme, mettant à profit sa localisation au cœur des formations de grès rouge. Le Rancho Sedona RV Park, où nous nous sommes installés vers 19h00, est situé un peu en contrebas de Sedona, au bord de l’Oak Creek, la petite rivière traversée les pieds dans l’eau pour voir Cathedral Rock.

1 commentaire:

  1. Quels beaux paysages que ces formations de grès rouge...Vous engrangez d inoubliables souvenirs.Bonne fin de séjour. Revenez en pleine forme.Bises.Elisabeth

    RépondreSupprimer

Merci de nous laisser des commentaires (pour nous encourager....)