vendredi 16 mars 2018

Mardi 13 Mars - Chicago

Nous avons repris en fin de matinée nos pérégrinations par un temps très changeant, alternant des passages nuageux et de belles éclaircies. Nous sommes parvenus au pied du John Hancock Center, 875 North Michigan Avenue, dans le quartier de Streeterville. Cette grande tour noire pyramidale, familièrement appelée « Big John » par les Chicagoans, a été inaugurée en 1969. Sa structure métallique en croix dessinée par Bruce Graham monte dans le ciel. Elle mesure 343,5 m de haut (hors antenne). Une batterie d’ascenseurs propulse les visiteurs au 94ème étage en 40 secondes. Le regard plonge alors dans les entrailles des avenues alentours et se porte dans toutes les directions. La vue est saisissante sur l’ensemble des gratte-ciel, notamment ceux qui bordent N. Michigan Av., ainsi que sur le lac Michigan, véritable mer intérieure. Trouvant qu’elle était trop fugace, nous avons renoncé à l’attraction (le Tilt), qui consiste depuis 2014 à se plaquer contre une paroi vitrée qui s’incline brièvement à 45° au-dessus du vide....











Situé un peu plus loin, 845 North Michigan Avenue, le long du Magnificent Mile, le Water Tower Palace se compose d’un centre commercial et d’un gratte-ciel de 74 étages. Un espace de restauration attire aussi bien les employés de bureau du secteur que les touristes. Nous avons pu déguster notre première pizza Chicago style, une spécialité locale qui n’a qu’un lointain rapport avec la pizza napolitaine. Le bâtiment doit son nom à la Water Tower, tour-symbole du Magnificent Mile, un des rares bâtiments qui, comme la Pumping Station qui lui fait face, a survécu au Grand Feu de 1871, qui a réduit en cendre plusieurs quartiers de Chicago. Blanche et bizarrement structurée, elle a été décrite par Oscar Wilde comme « une monstruosité avec des poivrières accrochées autour » . Les poivrières font référence aux quatre côtés de la tour qui ressemble plus à un mini-château européen du XIIIème siècle qu’à un château d’eau. Elle accueille aujourd’hui des expositions de photos.







Après le déjeuner, nous avons emprunté, en direction de la Chicago River, North Michigan Avenue, l'une des rues les plus connues et les plus touristiques de Chicago, la principale rue commerçante des quartiers de New Eastside et Streeterville, jalonnée de boutiques de luxe.



Nous avons été intrigués par l’architecture et la décoration extérieure de l’InterContinental Chicago, 505 Michigan Av. Il comporte des styles architecturaux de différentes époques. Des bas-reliefs sur les façades ouest, nord et sud au niveau du huitième étage, sont une reprise d’un ancien style assyrien. Le dôme de couleur or au sommet est d’influence nord-africaine. Nous avons appris, en entrant dans le bâtiment, poussés par la curiosité, qu’il servait à l’amarrage des ballons dirigeables de style Zeppelin jusqu’en 1937, date à laquelle le dirigeable Hindenburg explosa avec ses trente-cinq occupants, mettant fin au transport de passagers à bord de ces engins remplis de gaz inflammable. En fait, le bâtiment avait une histoire très riche. Il est né en 1929 sous le nom de Medinah Athletic Club, un club réservé aux hommes appartenant à la franc-maçonnerie. C’est le premier bâtiment Art déco à avoir été construit sur la Michigan Avenue lors du développement de la ville vers le nord, et il a immédiatement été critiqué pour l’extravagance de ses aménagements et de sa décoration intérieurs. C’est un vrai dédale de couloirs interminables aux murs peints ou couverts de tableaux, d’escaliers majestueux décorés de fontaines, de vastes salles de bal ou de réception toutes nommées d’après des chevaliers ou des rois, et de recoins insoupçonnés. Nous avons manqué la piscine quasi olympique située au dixième étage, avec sa fontaine de Neptune et ses carreaux bleu d’Espagne. Malheureusement, la grande crise eut raison du Medinah Athletic Club.














La Tribune Tower, 435 N Michigan Ave., un des bâtiments préférés des Chicagoans, est le quartier général du Chicago Tribune, journal fondé en 1847. Élevée en 1925, elle est l’œuvre de deux architectes de New York, John Mead Howells et Raymond M. Hood. De style gothique, le gratte-ciel fait face au Wrigley Building. Dans les flancs du bâtiment sont incrustés des morceaux de roche et de pierre venant de tous les continents. J’ai relevé - mais la liste est loin d’être exhaustive -, des lieux de bataille, comme Pearl Harbour, Guam, Omaha Beach ou le pont de Remagen, des sites mythiques comme la Grande Muraille de Chine, la Cité interdite de Pékin, la pyramide de Khéops, le Colisée de Rome, le temple de Pétra, la basilique Saint-Pierre à Rome, la basilique Sainte-Sophie à Istanbul, le palais d’or d’Osaka, la Chambre des Communes à Londres, la Chancellerie du IIIème Reich et le Mur de Berlin, pour ce qui est de la France, la cathédrale de Reims, la mairie de Saint-Lo, l’Arc de Triomphe, Notre-Dame de Paris, le palais du Luxembourg, le tout complété par un bout de roche lunaire...






Arrivés au bord de la Chicago River, nous avons dû modifier notre programme qui prévoyait une sortie en bateau, car le froid redoublait d’intensité et la neige s’invitait. Nous avons repoussé le projet à demain. Nous avons poursuivi encore un peu le long de Michigan Ave. La London House, 360 North Michigan Av., a été construite en 1922, à l’emplacement du mythique fort Dearborn (1803-1812), autour duquel un bourg peuplé d’artisans et de commerçants se développa peu à peu, noyau de ce qui allait être Chicago. Abandonné en 1812, incendié, reconstruit en 1816, il ne résista pas aux incendies dont la cité fut victime. Il fut détruit en 1858.






Le Carbide and Carbon Building (230 North Michigan Av.) construit en 1929 par les frères Burnham dans le style Art déco, ressemble à une bouteille de champagne. La tour est coiffée d’un ancien phare qui n’a pas été allumé depuis des années. La surface vert bouteille a été sertie d’or, non pas juste une fine couche d’or, mais de l’or pur vingt-quatre carats. Au-dessus de l’entrée, les ornements sont en bronze massif et, à l’intérieur, les marbres noirs couvrent les murs du lobby. Le bâtiment accueille depuis 2004, le Hard Rock Hotel. 







Les Chicagoans préparent activement la Saint-Patrick célébrée de 17 mars. Nous avons vu, tout au long de notre déambulation, des boutiques qui proposent tout un assortiment de vêtements de couleur verte. Nous manquerons cet événement haut en couleurs. La ville est en fête. Une grande parade a lieu, des animations sont organisées. La bière coule à flot. La rivière vire au vert elle aussi. Depuis 1962, vers 9 heures du matin, les responsables de la « Pipegitters Union » (en gros l’Union des Tuyauteurs et Plombiers de Chicago) déversent de grandes quantités de fluorescéine, une substance de couleur jaune orangée qui émet une lumière fluorescente verte lorsqu’elle entre en contact avec les ultraviolets. Déclaré toxique pour le corps humain, il semblerait toutefois que ce colorant soit inoffensif pour l’environnement… 

Depuis notre arrivée à Chicago, nous nous félicitons d’avoir emporté doudoune, polaire et bonnet de laine, même s’ils ne servent qu’au début du voyage ! Nous avons dîné au Grand Lux Cafe, 600 N Michigan Avenue, que nous avions repéré en début d’après-midi, en passant devant. Le cadre peut paraître un peu kitsch. La décoration intérieure est un mélange de styles où prédominent l’inspiration art déco et une influence « klimt-ienne ». Les lustres sont étonnants. Les plats servis dans de grandes assiettes sont particulièrement copieux. Trop même !














2 commentaires:

  1. Ah ! L’art déco....
    Annouk

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  2. Vos photos sont magnifiques.Cela donne vraiment envie d aller découvrir cette ville...pas trop bruyante cette cité? Bises.Elisabeth

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