jeudi 29 mars 2018

Mercredi 28 Mars – Albuquerque (52 km)

Le ciel bleu et un beau soleil étaient de retour ce matin, mais pas la chaleur, loin de là. Il faudra attendre le début d’après-midi pour pouvoir se délester très provisoirement des pulls. Nous avons un peu traîné ce matin, avant d’aller visiter l’Indian Pueblo Cultural Center, en guise d’introduction à la découverte des dix-neuf communautés d’Indiens Pueblos du Nouveau-Mexique, de leur histoire, de leur culture et de leurs arts. Les Indiens Pueblos furent nommés ainsi par les explorateurs espagnols car ils vivaient dans des vrais villages et étaient sédentaires à la différence des autres Indiens. Agriculteurs et pacifiques depuis des siècles, les Pueblos ont développé une culture bien spécifique. Les textes de l’exposition sont clairs et instructifs. La collection permanente abrite des milliers d'objets rares et d'œuvres d'art, poteries - un art dans lequel excellent les Pueblos -, paniers, tissages, peintures, peintures murales, bijoux et photographies.



La cour du Centre culturel
















« Au commencement, nos ancêtres vivaient dans une série de mondes souterrains. Nous voyagions, guidés par les Esprits, pour émerger finalement dans notre monde actuel. Nous avons voyagé ensemble, puis avons formé des communautés villageoises distinctes. Nous constituons aujourd’hui une part du monde hérité de nos ancêtres depuis la nuit des temps. Nous vivons une existence cyclique, rythmée par le calendrier saisonnier des plantations, des récoltes, des danses et des cérémonies. Nous partageons la connaissance à travers des histoires et des pratiques traditionnelles. Après cette vie, notre Esprit poursuit sa route, rejoignant ceux qui guident et protègent. C’est le cheminement de notre peuple ».

L’exposition rappelle que les Indiens Pueblos ont dû faire face à trois colonisateurs, Espagnols, Mexicains, Américains qui ont cherché à leur imposer leurs modes de vie et leurs croyances. Ils ont su préserver l’essentiel de leur culture. Cela n’a pas toujours été facile comme l’attestent la révolte menée en 1680 par Po’Pay, chef religieux de la tribu des Tewas, et les tentatives de scolarisation des jeunes indiens dans des écoles qui les coupaient de leur environnement. Les 19 villages sont administrés par des « gouverneurs » issus de leurs communautés. Les constructions sont en adobe, un matériau adapté au climat désertique, et écologique car économe en énergie. Les briques sont faites de boue et de paille et cuites au soleil. Elles absorbent le soleil dans la journée et restituent lentement la chaleur pendant les nuits fraîches. Un espace dédié aux caricatures contemporaines montre que les Pueblos n’ont pas perdu leur humour et savent sourire de leurs malheurs.

"Nous venons en paix"
"Un jour mon fils, rien de tout cela ne sera à toi"
Ce n’est qu’ensuite que nous avons vraiment commencé notre découverte d’Albuquerque. La vieille ville espagnole fut fondée en 1706 comme poste colonial. C’était alors une communauté fermière à vocation militaire le long du Camino Real. Elle fut conçue selon le plan traditionnel des villages espagnols : une place centrale (plaza) entourée de bâtiments administratifs, de maisons et d'une église. Cette plaza centrale a été préservée et est aujourd'hui le centre historique et culturel de la ville, appelé Old Town Albuquerque, ou simplement Old Town. « Le village d'origine a été nommé par le gouverneur Cuerdo y Valdez en hommage au Duc d’Alburquerque, vice-roi de la Nouvelle-Espagne de 1702 à 1710. Le premier « r » dans Alburquerque disparut au XIXème siècle, apparemment par la faute d'un chef de gare anglo-américain incapable de prononcer le nom (dû à la tendance des anglophones de supprimer tout « r » dans une syllabe phonétique si peu naturelle en anglais). Dans les années 1990, les trolleybus de Central Avenue furent décorés avec le nom Alburquerque, en l'honneur du nom historique de la ville ».

Avant et après le déjeuner dans un restaurant de cuisine néo-mexicaine, Little Anita’s, nous avons pris plaisir à nous balader dans le quartier qui ne compte aucun immeuble, seulement des habitations ayant tout au plus un étage et où prédomine la construction en adobe, aux formes douces. Beaucoup de boutiques sont orientées vers le tourisme. Certaines proposent des objets de pacotilles, mais beaucoup sont spécialisées dans l’artisanat local indien et vendent de réelles œuvres d’art : poteries élégantes décorées à la main, « storytellers » (sculptures représentant un conteur ou un conteuse avec des enfants auteur d’eux ou juchés sur leurs genoux), tapis, bijoux etc.

délicieux "fish tacos" au maïs bleu (variété très prisée par les Pueblos)












Chapelle Sta Guadaloupe




Conteur d'histoires










La construction de l’église San Felipe Neri est concomitante de la création de la ville en 1706, mais elle s’effondra lors d’une tempête en 1792 et fut reconstruite à un emplacement un peu différent autour de la place.





Avant de quitter le quartier, nous avons visité l’Albuquerque Museum, tout aussi fouillis que celui de Canyon, mais instructif sur l'histoire du Nouveau-Mexique et celle d'Albuquerque et sur les techniques artisanales des premiers habitants. Un groupe de sculptures devant le bâtiment rappellent l’arrivée des premières familles espagnoles et une autre sculpture à l’entrée même du musée évoque l’obstacle que constitue la frontière pour nombre de candidats à l’émigration.

Albuquerque en 1885 par un peintre français, Léon Trousset (1838 France - 1917 Juarez Mexico)
La Sainte Famille


Indienne Pueblo de Taos, un village que nous visiterons dans quelques jours.






La frontière vue du côté mexicain
L'autre côté...
L'arrivée des premiers Espagnols en 1598
A sa fermeture à 17h00, nous avons poussé une reconnaissance dans la partie moderne de la ville. Située à l'extrême nord du désert de Chihuahua et traversée par le Rio Grande du Nord au Sud, elle compte 560 000 habitants (sans son agglomération). Chef-lieu du comté de Bernalillo, doté d’un vaste campus universitaire, elle occupe une position centrale dans l'État du Nouveau-Mexique et de ce fait sert de carrefour. Ici, pas de gratte-ciel ! Une cité à taille humaine qui recèle quelques beaux bâtiments, notamment art déco avec une touche indienne, et quelques vieux dîners datant de la route 66 !













Après avoir fait quelques courses dans le Whole Foods Market local, nous étions de retour vers 18h30. Comme tous les occupants de caravanes, nous avons passé frileusement la soirée à l’intérieur de notre camping-car, car la température est retombée bien bas dès le déclin du jour.

Un rayon du WFM que nous aimons beaucoup...

1 commentaire:

  1. Une bien belle région à découvrir.Les story tellers seraient très bien dans mes vitrines!!L art sacré est remarquable.Merci pour toutes ces belles photos qui nous font voyager avec vous.Bises.Elisabeth

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