Le ciel bleu et un beau soleil étaient de retour
ce matin, mais pas la chaleur, loin de là. Il faudra attendre le
début d’après-midi pour pouvoir se délester très provisoirement
des pulls. Nous avons un peu traîné ce matin, avant d’aller
visiter l’Indian Pueblo Cultural Center, en guise d’introduction
à la découverte des dix-neuf communautés d’Indiens Pueblos du
Nouveau-Mexique, de leur histoire, de leur culture et de leurs arts. Les Indiens Pueblos furent nommés ainsi par les explorateurs espagnols car ils vivaient dans des vrais villages et étaient sédentaires à la différence des autres Indiens. Agriculteurs et pacifiques depuis des siècles, les Pueblos ont développé une culture bien spécifique. Les
textes de l’exposition sont clairs et instructifs. La collection permanente abrite
des milliers d'objets rares et d'œuvres d'art, poteries - un art
dans lequel excellent les Pueblos -, paniers, tissages, peintures,
peintures murales, bijoux et photographies.
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| La cour du Centre culturel |
« Au commencement, nos ancêtres vivaient
dans une série de mondes souterrains. Nous voyagions, guidés par
les Esprits, pour émerger finalement dans notre monde actuel. Nous
avons voyagé ensemble, puis avons formé des communautés
villageoises distinctes. Nous constituons aujourd’hui une part du
monde hérité de nos ancêtres depuis la nuit des temps. Nous vivons
une existence cyclique, rythmée par le calendrier saisonnier des
plantations, des récoltes, des danses et des cérémonies. Nous
partageons la connaissance à travers des histoires et des pratiques
traditionnelles. Après cette vie, notre Esprit poursuit sa route,
rejoignant ceux qui guident et protègent. C’est le cheminement de
notre peuple ».
L’exposition rappelle que les Indiens Pueblos ont dû
faire face à trois colonisateurs, Espagnols, Mexicains, Américains
qui ont cherché à leur imposer leurs modes de vie et leurs
croyances. Ils ont su préserver l’essentiel de leur culture. Cela
n’a pas toujours été facile comme l’attestent la révolte menée
en 1680 par Po’Pay, chef religieux de la tribu des Tewas, et les
tentatives de scolarisation des jeunes indiens dans des écoles qui
les coupaient de leur environnement. Les 19 villages sont administrés
par des « gouverneurs » issus de leurs communautés. Les
constructions sont en adobe, un matériau adapté au climat
désertique, et écologique car économe en énergie. Les briques
sont faites de boue et de paille et cuites au soleil. Elles absorbent
le soleil dans la journée et restituent lentement la chaleur pendant
les nuits fraîches. Un espace dédié aux caricatures contemporaines
montre que les Pueblos n’ont pas perdu leur humour et savent
sourire de leurs malheurs.
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| "Nous venons en paix" |
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| "Un jour mon fils, rien de tout cela ne sera à toi" |
Ce n’est qu’ensuite que nous avons vraiment
commencé notre découverte d’Albuquerque. La vieille ville
espagnole fut fondée en 1706 comme poste colonial. C’était alors
une communauté fermière à vocation militaire le long du Camino
Real. Elle fut conçue selon le plan traditionnel des villages
espagnols : une place centrale (plaza) entourée de bâtiments
administratifs, de maisons et d'une église. Cette plaza centrale a
été préservée et est aujourd'hui le centre historique et culturel
de la ville, appelé Old Town Albuquerque, ou simplement Old Town.
«
Le village d'origine a été nommé par le gouverneur
Cuerdo y Valdez en hommage au Duc d’Alburquerque, vice-roi de la
Nouvelle-Espagne de 1702 à 1710. Le premier « r » dans
Alburquerque disparut au XIXème siècle, apparemment par la faute
d'un chef de gare anglo-américain incapable de prononcer le nom (dû
à la tendance des anglophones de supprimer tout « r »
dans une syllabe phonétique si peu naturelle en anglais). Dans les
années 1990, les trolleybus de Central Avenue furent décorés avec
le nom Alburquerque, en l'honneur du nom historique de la ville ».
Avant et après le déjeuner dans un restaurant de
cuisine néo-mexicaine, Little Anita’s, nous avons pris plaisir à nous
balader dans le quartier qui ne compte aucun immeuble, seulement des
habitations ayant tout au plus un étage et où prédomine la
construction en adobe, aux formes douces. Beaucoup de boutiques sont
orientées vers le tourisme. Certaines proposent des objets de
pacotilles, mais beaucoup sont spécialisées dans l’artisanat
local indien et vendent de réelles œuvres d’art : poteries
élégantes décorées à la main, « storytellers »
(sculptures représentant un conteur ou un conteuse avec des enfants
auteur d’eux ou juchés sur leurs genoux), tapis, bijoux etc.
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| délicieux "fish tacos" au maïs bleu (variété très prisée par les Pueblos) |
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| Chapelle Sta Guadaloupe |
Avant de quitter le quartier, nous avons visité
l’Albuquerque Museum, tout aussi fouillis que celui de Canyon, mais
instructif sur l'histoire du Nouveau-Mexique et celle d'Albuquerque
et sur les techniques artisanales des premiers habitants. Un groupe
de sculptures devant le bâtiment rappellent l’arrivée des
premières familles espagnoles et une autre sculpture à l’entrée
même du musée évoque l’obstacle que constitue la frontière pour
nombre de candidats à l’émigration.
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| Albuquerque en 1885 par un peintre français, Léon Trousset (1838 France - 1917 Juarez Mexico) |
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| La Sainte Famille |
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| Indienne Pueblo de Taos, un village que nous visiterons dans quelques jours. |
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| La frontière vue du côté mexicain |
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| L'autre côté... |
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| L'arrivée des premiers Espagnols en 1598 |
A sa fermeture à 17h00, nous avons poussé une
reconnaissance dans la partie moderne de la ville. Située à
l'extrême nord du désert de Chihuahua et traversée par le Rio
Grande du Nord au Sud, elle compte 560 000 habitants (sans son
agglomération). Chef-lieu du comté de Bernalillo, doté d’un
vaste campus universitaire, elle occupe une position centrale dans
l'État du Nouveau-Mexique et de ce fait sert de carrefour. Ici, pas
de gratte-ciel ! Une cité à taille humaine qui recèle
quelques beaux bâtiments, notamment art déco avec une touche indienne, et quelques vieux dîners datant de la route 66 !
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| Un rayon du WFM que nous aimons beaucoup... |
Une bien belle région à découvrir.Les story tellers seraient très bien dans mes vitrines!!L art sacré est remarquable.Merci pour toutes ces belles photos qui nous font voyager avec vous.Bises.Elisabeth
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