mercredi 28 mars 2018

Mardi 27 Mars - Palo Duro State Park / Amarillo / Albuquerque (578 km)

Température ne dépassant pas 10°c, vent froid, grisaille, crachin et même une bonne averse de neige dans le courant de l’après-midi : l’hiver a fait un retour en force. Nous nous sommes félicités de ne pas avoir eu ces conditions météorologiques hier pour entreprendre notre excursion à la Lighthouse ! Nous avons remisé prestement les bermudas et les chemisettes et ressorti pantalons et pulls…

Picorant les miettes laissées par notre dîner d’hier, une escouade de dindes a salué notre départ du camp vers 9h00. Nous sommes d’abord retournés à Canyon pour voir le Panhandle-Plains Historical Museum, situé sur le campus de l’Université West Texas. 





Le Texas Panhandle est une région du Texas comprenant les 26 comtés les plus septentrionaux de l'État. La « Queue de poêle » est une zone rectangulaire, bordée par le Nouveau-Mexique à l'ouest et l'Oklahoma au nord et à l'est. Sa superficie est de 66 884 km², soit environ 10 % de la superficie du Texas . C’est un musée passionnant car il couvre un spectre étonnamment large de domaines ayant trait à l’histoire du Texas : géologie ; paléontologie ; art de vivre, culture et objets amérindiens ; agriculture ; développement de l’exploitation pétrolière ; mode de vie des pionniers ; véhicules anciens ; armes à feu ; arts décoratifs et meubles ; habillement etc. Sans doute peut-on reprocher une présentation brouillonne. Le musée comprend également la reconstitution des principaux bâtiments d’une ville pionnière : école, temple, banque, bureau de poste, épicerie, saloon, cabane rudimentaire, intérieurs plus raffinés, ateliers. La population des plaines du Panhandle passa de 9 452 en 1890 à 427 927 en 2010…



Chaque propriétaire de bétail marquait ses animaux au fer rouge.


La banque, essentielle dans chaque ville du Far West, au même titre que le bureau de poste ou le saloon !




La mythique Route 66




On retrouve aussi dans les panneaux explicatifs l’expression irritante de cette bonne conscience qu’ont beaucoup d’Américains à l’égard des Indiens et… des bisons ! Le bison était vénéré par les Indiens car il leur apportait tout ce dont ils avaient besoin pour vivre. Un documentaire montre le dépeçage d’une bête et tout ce que les Indiens en tiraient parcimonieusement. Là-dessus, les Blancs sont arrivés et ont décimé, en quelques années seulement, les troupeaux, tuant des millions de bêtes, ne récupérant que les peaux et laissant très souvent pourrir les carcasses, privant par là-même les Indiens pourchassés eux-aussi de ce qui constituait la base de leur mode de vie. La présentation est factuelle. « Les Indiens américains et les bisons se déplaçaient librement dans les plaines du Panhandle. Dans les années 1870, les ranchers et leur bétail ont pris la suite des Indiens et les bisons. Le chemin de fer bientôt traversa les plaines, apportant des fermiers, des entrepreneurs et des biens. La découverte du pétrole entre 1918 et 1921 créa des possibilités de nouveaux emplois, diversifia l’économie et favorisa la croissance des villes et des activités industrielles (…). Les nouvelles technologies vont ouvrir des nouveaux chapitres de cette histoire ». Point barre ! 

Nous avons ensuite mis le cap sur Amarillo, qualifiée dans les guides « d’étoile du Nord, la plus grande cité du haut Texas », peuplée de 175 000 habitants. Son nom ibérique laisse penser qu’elle a pu avoir une histoire mexicaine. En fait, ville de cow-boys, elle incarne, comme Fort Worth, la tradition de l’Ouest américain, « cet esprit que venaient chercher les aventuriers quand la mythique Route 66, aujourd’hui recouverte par la Interstate 40, y passait encore ». Sans doute ne l’avons nous pas vu dans des conditions idéales, mais son downtown ne nous a pas semblé arriver à la cheville de celui de Fort Worth. Pas mal de petits commerces sont fermés et les bâtiments laissés à l’abandon. Nous avons fait quelques courses dans le Walmart local. Olivier a pu ainsi procéder, à une station service, juché sur le toit du camping-car, à une petite réparation de fortune sur un éclairage extérieur que les secousses de la route (certaines highways sont pires que les autoroutes est-allemandes à la belle époque d’Ulbricht et Honecker) avaient sans doute malmené et qui était tenté de prendre la fille de l’air… Comme toutes les villes autrefois traversées par la Route 66, Amarillo entretient le mythe. L’ancienne route est bien balisée.





Peu après avoir quitté la ville, nous avons déjeuné au fameux Big Texan Steak Ranch, un autre endroit mythique de la Route 66. Autant l’avouer tout de suite, nous n’avons pas concouru pour le titre du plus gros mangeur de viande qui permet, à celui qui engloutit 2 kg de viande en une heure, de manger gratuitement (seuls 25 % des clients qui relèvent le défi y parviennent). Mais nous avons vu un candidat se lancer, installé sur une estrade et sous une horloge qui égrène les minutes... Nous sommes contentés d’une quantité plus modeste et avons payé notre repas. La viande était succulente et le cadre pittoresque !



Le candidat et son premier morceau de viande !










Malgré la bruine, nous nous sommes arrêtés quelques instants sur la route d’Albuquerque au Cadillac Ranch pour voir l’œuvre d’un homme d’affaires local, amateur d’art moderne (mais qui ne fait pas l’unanimité dans la région), Stanley Marsh, qui a implanté en 1974 dans un champ de blé dix Cadillac datant des années 1949 à 1963. Il n’en reste plus grand-chose, sinon des carcasses. Elles sont alignées, l’avant planté en terre, abondamment taguées (comme le souhaite l’artiste, qui n’avait sans doute pas prévu que les tagueurs abandonneraient sur place les bombes vides !). Le résultat est pour le moins insolite !





La journée était loin d’être finie. 450 km nous séparaient encore de notre étape du jour plein Ouest sur l’ancienne Route 66, Albuquerque. Après l’Illinois, l’Indiana, le Kentucky, le Tennessee, l’Arkansas et le Texas, nous sommes entrés vers 16h00 dans un 7ème État, le Nouveau Mexique. Son nom lui vient des Espagnols qui avaient ainsi baptisé les terres situées au nord de la rivière de Rio Grande (la région supérieure du Rio Grande a été appelée Nuevo Mexico dès 1561). Il est bordé à l'ouest par l'Arizona, au nord par le Colorado, à l'est par le Texas et au sud par les États mexicains de Chihuahua et de Sonora. Faisant partie des États des Four Corners (« les quatre coins », l'unique « quadripoint » du territoire des États-Unis où quatre États convergent : Arizona, Colorado, Nouveau-Mexique et Utah), le Nouveau-Mexique a une superficie de 314 926 km2 (5ème rang américain) et est peuplé de 2 059 179 habitants (36ème rang). Sa forme est proche d'un carré de 550 km de côté et sa capitale est Santa Fe. En franchissant la frontière, nous avons reculé nos montres d’une heure. Le décalage est maintenant de huit heures avec la France.



L’itinéraire entre Amarillo et Albuquerque est dans l’ensemble assez monotone. Dans une première partie, la plaine s’étend à perte de vue, sans vraiment d’arbres, seulement des buissons épars. Le relief ondule peu à peu et l’on passe insensiblement de l’altitude à Amarillo de 1099 m à celle d’Albuquerque de 1619 m.

Les monstres qui doublent en permanence les véhicules qui respectent les limitations de vitesse !


Vu les conditions climatiques dans la région de Santa Fé où la nuit le thermomètre descend encore bien en-dessous de zéro, nous avons opté pour une formule qui nous assure la mobilité souhaitable et le confort nocturne et au camping-car, un repos bien mérité. Il va avoir droit au même emplacement pratiquement jusqu’au… 4 avril, nous servant seulement d’hôtel !

Notre parc automobile s’est donc étoffé. Nous avons récupéré, vers 19h00, à l’aéroport international d’Albuquerque un petit véhicule de location pour nos déplacements au Nouveau Mexique. Nous avons fini par atteindre notre campement vers 20h00. C’est l’exemple même du RV Park où les véhicules sont alignés avec tous les équipements indispensables (eau courante, branchement électrique, raccordement à l’égout), mais sans charme, ni intimité, mais nous n’y séjournerons guère.



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