samedi 17 mars 2018

Jeudi 15 Mars – Chicago / Shipshewana (257 km)

Nous avons quitté Chicago presque à regret, au volant d’une voiture de location pour nous rapprocher du lieu de prise en charge de notre camping car. C’est une ville qui n’est pas oppressante, très riche sur le plan culturel, très propre, décontractée, idéale pour un retraité car le réseau de transports en commun est pratique et tout est plat, il n’y a aucune dénivelée ! Dans un premier temps, nous ne sommes pas allés bien loin. Au bout d’une quinzaine de kilomètres, nous avons jeté un coup d’œil sur la Frederick C. Robie House, une des constructions emblématiques de Frank Lloyd Wright (architecte largement évoqué dans le récit de la journée d’hier) édifiée dans les années 1906-1909, dans un secteur résidentiel excentré de Chicago, Hyde Park, à la lisière de l’Université. Comme le complexe que forment la maison et le studio d’Oak Park, elle attire beaucoup de visiteurs.









Nous avons quitté l’Illinois peu après pour entrer dans l’Indiana, un autre État du Midwest des États-Unis bordé aussi au Nord par le lac Michigan et connu pour ses terres agricoles et... sa course automobile. Son nom signifie tout simplement « terre des Indiens ». Plusieurs tribus indiennes d'Amérique font partie de son histoire, dont les Iroquois, les Mohicans et les Hurons. Ses habitants sont surnommés « hoosier », mais l'origine de ce mot est incertaine. Ils sont 6,5 millions, ce qui place l’Indiana au 15ème rang dans la démographie des États-Unis pour une superficie de 94 321 km² (38ème rang). En entrant dans l'Indiana, nous avons changé d'heure et "perdu" une heure.

Après avoir déjeuné rapidement mexicain dans un Taco Bell (fastfood de cuisine mexicaine) proche de l’autoroute, nous avons fait un léger détour pour voir l’Indiana Dunes State Park à 75 km à l’est de Chicago. Nous avons eu la chance de le découvrir à la morte saison. Une réserve naturelle, domaine de prédilection des oiseaux, presque pour nous seuls ! La tentation était grande d’emprunter un des nombreux sentiers de randonnée, mais nous n’avons fait qu’une brève incursion car nous ne pouvions pas nous attarder malheureusement. Nous avons néanmoins pu nous faire une bonne idée du paysage dunaire, plutôt inattendu au bord d’un lac, fut-il aussi grand que le lac Michigan (57 750 km²). Trois rangs de dunes hautes d’une cinquantaine de mètres se succèdent, couverts de pins pour ce qui est du premier, de petits chênes pour le second, de hêtres et d’érables pour le troisième.







Des panneaux d’information rappellent que les tempêtes sur les Grands Lacs sont souvent plus dangereuses que celles sur les océans. Une carte est à cet égard très parlante. On y voit le lac Michigan couvert de bateaux ayant coulé. A lui seul, il enregistre le quart des naufrages qui ont eu lieu dans les Grands Lacs ! Les trois autres quarts se répartissent ainsi : lac Huron et lac Erié à égalité, 23 % ; lac Ontario, 12 % ; lac Supérieur, (10%) ; lac Saint-Clair, 6 %, inconnu, 2 %. 



Le visiteur apprend aussi que les premiers aménagements du site sont l’œuvre des chômeurs recrutés au titre du Civilian Conservation Corps créé après la crise de 1929. Les travailleurs percevaient 30$ par mois, dont 25 étaient directement envoyés à la famille.

A l’approche de Middlebury (environ 3500 habitants), les aires de stockage de « RV » (« recreational vehicles ») se multiplient de façon inouïe. La production de camping-cars fait figure d’industrie locale. On voit aussi apparaître sur les routes de curieuses petites carrioles, signe que l’on pénètre en pays Amish. Tractées par un cheval, ces buggies sont tous sur le même modèle, noirs, fermés et équipés pour leur sécurité d’un triangle fluorescent à l’arrière et de petites lumières clignotantes la nuit. 









Nous sommes arrivés à Shipshewana, notre destination du jour, peu après 16h00. Bourg très rural du comté de LaGrange, il compte moins de 700 habitants et est situé en plein pays anabaptiste (Amish mais aussi Mennonites et Hutterites). L’essentiel de ses habitants vivent dans des fermes dispersées dans la campagne qui se signalent par leur blancheur, leur propreté et la présence d’un silo à grains pour le maïs et d’un autre pour les céréales. Souvent une carriole pour les déplacements courants voisine avec une automobile pour les urgences ou les déplacements lointains. Le tout est complété par de curieuses maisons à oiseaux.





Nous avons commencé par nous immerger dans le milieu et la culture anabaptiste en allant visiter le musée intitulé « Menno-Hof, Amish-Mennonite story ». L’accueil et les explications sont assurés par des bénévoles venant d’un peu partout aux États-Unis et qui se relaient pour des périodes d’un mois (ils sont logés sur place). C’est une mine d’information sur les origines de la Réforme qui, en Europe, a engendré les courants anabaptistes (qui ont en commun de contester le baptême des enfants et prônent un baptême volontaire et conscient), sur les spécificités de chacun d’eux, sur les mouvements migratoires engendrés par les persécutions dont les anabaptistes ont été victimes en raison du schisme religieux qu’ils créaient et de leur… antimilitarisme ! Nous nous sommes ainsi familiarisés avec Jacob Hutter et les Hutterites, Menno Simons et les Mennonites, Jacob Ammann et les Amish, avec ceux aussi qui ont fait naître l’espoir chez eux d'une terre promise, comme la Grande Catherine en Russie ou William Penn, avec les différentes époques de la migration vers les États-Unis de 1863 jusque dans les années 1950.



Nous nous sommes rapidement installés à l’hôtel Blue Gate Garten Inn dans le hall duquel trônent un tracteur et son conducteur, un paysan barbu style Amish, avant de ressortir dîner tôt, car à Shipshewana, surtout en cette saison, les restaurants ne sont pas légion et ils ferment tôt. Tout de suite en entrant dans le restaurant East of Chicago, m’est venue à l'esprit la toile intitulée « Les Oiseaux de nuit » d’Edward Hopper, revue récemment au Art Institute Cicago. Une vaste salle de restaurant vide et sans âme, avec un consommateur seul dans un coin, des serveurs faisant des apparitions furtives...


3 commentaires:

  1. Photos et commentaires : on est vraiment dans l’ambiance !
    Annouk

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  2. Une nouvelle approche des USA... J attends la suite avec le camping car!Bises
    Ps il reneige reneige envoyez nous le soleil et le ciel bleu

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  3. Merci pour cette belle balade! Jean Marc

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